Rojamanee Rickmounie
Rojamanee Rickmounie : Sans titre III
Rojamanee Rickmounie : Sans titre III
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Rojamanee Rickmounie
Rojamanee Rickmounie : Sans titre III, acrylique sur toile 24 x 16 cm, année 2025.
Biographie de Rojamanee Rickmounie
D'une exposition à l'autre, Rojamanee Summogum Rickmounie, construit patiemment sa démarche et son style, en procédant par "écarts" comme dirait le philosophe François Julien et approfondissement successifs. Elle dit souvent qu'elle "voyage en peinture" quand elle peint. Il ne faudrait pas voir là une tentative d'insuffler un symbolisme exotique factice dans ses toiles pour y introduire du récit. On sait que la transposition symbolique est souvent le moyen de donner du sens à des œuvres qui en manquent. Le voyage dont elle parle, est plutôt celui de l'expérience poétique et picturale elle-même. C'est un voyage existentiel qui dissout toutes les identités, celle de l'artiste comme celle de ses matériaux, pour en faire de la peinture. Si dans ce voyage entre "faire et rêve", des éléments symboliques réapparaissent, des couleurs de ses îles (Île Maurice, Réunion), des écritures et formes mystérieuses, des traces abstraites, ils ne se recombinent pas en récit, il ne servent pas à la signification, ils sont d'emblée décontextualisés et investis par la peinture, ils deviennent éléments picturaux et participent comme tous les matériaux du creuset pictural à la cohérence picturale de l'œuvre, à sa présence et ses effets qui sont la seule vérité de la peinture. Par "son voyage en peinture" finalement, c'est une définition, une pratique et une façon de voir de la peinture qu'elle propose.
On voit dans ses toiles la prise en compte de l'espace, de la lumière avec des réserves de la toile blanche pour accentuer les contrastes. Si le noir domine souvent, elle ne s'embarrasse pas de références symboliques. Le noir chez elle n'est pas plus la mort que la nuit, il est là pour sa puissance tectonique, sa capacité à construire l'espace et la rythme , et par le contraste qu'il établit aux autres couleurs, à produire la lumière picturale. C'est en visitant l'atelier de Pierre Soulages à Sète, en août 2018, qu'elle a pris conscience que son intérêt pour le noir venait de sa force incommensurable et de sa lumière mystérieuse.
Sur la toile quand elle peint, ses mains dansent son voyage, évoquant les danses du sud de l'Inde qu'elle pratiquait dans sa jeunesse (le Bharatanatyamet le Kathak). La délicatesse des gestes, d'une minutieuse précision, laisse sur la toile des traces colorées comme des pas de danses qui l'animent. Dans son voyage imaginaire et pictural ressort aussi des éléments de sa vie professionnelle dans le textile, à l'Île Maurice, comme contrôleuse de la qualité dans les années 1990. Des techniques industrielles ou des motifs aperçus sur les issus pour les clients internationnaux ressortent presque naturellement dans cette rêverie du travail en aveugle, sans prétexte figuratif, comme ces empreintes de fils courant sur les grandes plages blanches et noires qui structurent le tableau.
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